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Validation des Acquis de l’Expérience (V.A.E) Aide Soignant

La Validation des Acquis de l’Expérience (V.A.E) a été instituée par la loi du 17 janvier 2002 « Toute personne engagée dans la vie active est en droit de faire valider les acquis de son expérience, notamment professionnelle, en vue de l’acquisition d’un diplôme, d’un titre à finalité professionnelle ou d’un certificat de qualification (…)». voilà ce qu’il faut savoir.

Les conditions

Pour se présenter à la Validation des Acquis de l’Expérience, il faut avoir un minimum de 3 ans d’expérience soit 4200 heures sur les 12 dernières années. Les périodes de formation et de stages ne sont pas prises en compte.

Pour le diplôme d’aide soignant, il est nécessaire d’avoir une expérience ayant un rapport direct avec le diplôme. C’est-à-dire avec les soins d’hygiène et de confort : toilette, habillage, prise des repas, élimination et déplacement. Cette expérience peut être faite en établissement de santé ou à domicile, auprès de personnes dépendantes ou inconscientes et de personnes ayant un certain degré d’autonomie, à titre salarié ou bénévole.

Dans le cadre d’une VAE, il est impossible de faire plusieurs demandes pour le même diplôme dans une même année civile. En revanche, il est possible de déposer 3 candidatures de VAE pour des diplômes différents la même année.

Les textes de lois

La démarche pour la Validation des Acquis de l’Expérience pour le Diplôme d’Etat d’Aide Soignante (DEAS) dépend des textes de lois. La loi du 17 janvier 2002 sur la modernisation sociale :

Les étapes de la Validation des Acquis de l’Expérience (VAE)

Le livret de recevabilité

Le livret de recevabilité ou livret 1 est à demander auprès de l’autorité sanitaire régionale (ARS)

Le dossier de présentation des acquis

Le dossier de présentation des acquis ou livret 2 est à compléter et à transmettre à l’autorité sanitaire régionale (ARS).

Le candidat a un an pour établir ce dossier à compter de la date de notification de recevabilité.

Le jury

Le jury examine le livret 2 et convoque ainsi le candidat. A la suite de cet oral, le jury prendra une décision.

Quelques chiffres

En 2008, 8 544 livrets ont été déposés et 6 623 ont été déclarés recevables. Après cette recevabilité, il faut savoir qu’il y a encore généralement un petit taux d’abandon avec des candidats qui ne présentent jamais de livret 2.

Le livret de recevabilité

Le dossier de recevabilité est une déclaration écrite des acquis du candidat grâce aux parcours professionnels. Cette activité doit en être en lien avec le référentiel des aides-soignants. Le livret 1 permet de vérifier le lien avec l’expérience et les obligations professionnelles que chaque candidat qu’il dit être capable de maîtriser. L’accumulation des preuves de chaque activité exercée est importante pour prétendre à l’obtention du diplôme d’aide-soignant.

Il ne faut pas enrichir ou amplifier l’expérience car cela « constitue un faux toute altération frauduleuse de la vérité » d’après l’article 441-1 du code pénal.

La composition

Le livret 1 est composé :

  • D’un guide avec les conditions pour être candidat à l’obtention du DEAS (Diplôme d’Etat d’Aide-Soignant) par la VAE
  • Une fiche récapitulative des pièces à joindre obligatoirement
  • Une fiche avec l’état civil, les coordonnées, la situation sociale, le niveau d’étude
  • Un tableau récapitulatif des activités exercées en lien avec le métier d’aide-soignant
  • Une attestation à faire remplir par l’employer (A photocopier s’il y a eu plusieurs employeurs)
  • Une attestation d’activités bénévoles à remplir (A photocopier s’il y a eu plusieurs activités bénévoles)
  • Une déclaration attestant sur l’honneur l’exactitude des données fournies
  • Un accusé de réception à compléter et à retourner

Le remplissage

Il est important de :

  • Joindre les pièces justificatives (attestations de ou des employeur(s), …)
  • Pré-remplir l’accusé de réception,
  • Faire une photocopie de l’ensemble du livret 1.

L’envoi

Le livret est à transmettre à l’autorité sanitaire régionale (ARS) pendant les sessions de dépôts des candidatures indiquées dans le guide. Si une pièce manquante est constatée, un courrier est adressé aux candidats. Par contre à la limite de dépôt des candidatures, les dossiers incomplets sont rejetés.

L’expédition est à effectuer par lettre recommandée avec accusé de réception, tout en gardant ce dernier.

L’examen

L’autorité sanitaire régionale examine le livret de recevabilité. Il dispose d’un délai de deux mois pour rendre une décision. Un jury se prononcera alors sur la « recevabilité » ou « non recevabilité » de la demande de validation de l’expérience. Si vous ne recevez pas de réponse, cela équivaut à un rejet.

Le dossier de présentation des acquis

Dans les 12 mois suivant la notification de recevabilité, le candidat doit :

  • Elaborer un livret de présentation des acquis
  • S’entretenir avec le jury de validation des acquis de l’expérience.

Si les étapes ne sont pas effectuées dans les 12 mois suivant la notification, la procédure est à reprendre depuis le début.

Le module facultatif

Afin de s’inscrire auprès d’un organisme de formation pour suivre le module facultatif, il est nécessaire d’avoir la notification de décision de recevabilité. Ce module de formation facultatif est d’une durée de 70 heures, généralement effectuée en 10 jours. Lors de ce module, il n’y a aucune notation, évaluation ou contrôle de connaissance mais il est important de participer à l’ensemble des interventions pendant les 70 heures.

Les organismes

Le module peut s’effectuer dans les :

  • Organismes de formation initiale pour les aides soignants agréés (Institut préparant au DEAS),
  • Organismes de formation professionnelle autorisés.

Tous les centres de formation sont référencés par l’Association Nationale pour la Formation Hospitalière (ANFH).

Le but

Le module va permettre de :

  • Cibler les connaissances indispensables à la pratique professionnelle,
  • Etablir un lien entre l’activité professionnelle et les connaissances personnelles,
  • Apprendre à se positionner comme aide-soignant,
  • Prendre en compte le changement de statut professionnel avec les responsabilités, les conditions de travail et de collaboration avec l’équipe que cela engendre.
  • Apprendre les termes argumentatifs et la position à adopter face au jury.

Le contenu

Les connaissances portent sur :

  • La santé publique,
  • L’aide-soignant dans le système de santé,
  • Le rôle de l’aide-soignant : « Le patient au centre des préoccupations de l’équipe soignante »,
  • La sécurité et la qualité des soins aux personnes,
  • L’hygiène et la prévention des infections nosocomiales.

L’attestation

A la fin du stage, une attestation de suivi est délivrée avec le temps de présence ou d’absence durant cette formation. Elle permet une garantie de la présence régulière et continue au suivi du module. L’original est remis au candidat, son double à l’autorité sanitaire régionale et une copie est gardée au sein de l’organisme de formation.

Le livret de présentation des acquis

Ce dossier une fois constituée, est à photocopier en 4 exemplaires dont 3 à envoyer à l’autorité sanitaire régionale, le dernier étant à destination du candidat.

Le contenu

Le livret tient compte du :

  • Parcours professionnel et son activité bénévole
  • Parcours de formation
  • Projet professionnel du candidat et les motivations à s’engager dans la VAE
  • Descriptif de l’expérience et des acquis professionnels en liens avec les 8 compétences de l’aide-soignant

Les compétences de l’aide-soignant

Les compétences de l’aide-soignant sont issues du décret du 22 octobre 2005 :

  • Module 1 : accompagnement d’une personne dans les activités de la vie quotidienne
  • Module 2 : l’état clinique d’une personne
  • Module 3 : les soins
  • Module 4 : ergonomie
  • Module 5 : relation-communication
  • Module 6 : hygiène des locaux hospitaliers
  • Module 7 : transmission des informations
  • Module 8 : organisation du travail

Pour chacune des compétences il est demandé au candidat, deux situations ou savoir-faire où l’expérience a été mise à profit auprès de personnes.

L’accompagnement

Un accompagnement individuel de 24 heures peut être envisageable en institut de formation. Il a pour but d’aider les candidats à remplir le livret 2 mais peu d’instituts l’offrent.

3- L’entretien avec le jury

La composition

Celui-ci est composé, par nomination du préfet de région et sur proposition du directeur de l’autorité sanitaire régionale ;

  • Du directeur de l’autorité sanitaire régionale ou son représentant,
  • D’un directeur d’une école d’aide-soignant,
  • D’un infirmier enseignant dans une école d’aide-soignant,
  • D’un cadre infirmier ou un infirmier accueillant en stage des élèves aides-soignants en exercice,
  • D’un aide-soignant en exercice,
  • D’un directeur d’un établissement sanitaire et social employant des aides-soignants.

Le rôle

Le jury a pour rôle :

  • D’analyser le dossier de présentation des acquis et les documents attestant de l’expérience,
  • De valider la présentation de chaque activité,
  • D’émettre un avis sur les aptitudes du candidat par rapport au référentiel de compétence d’aide-soignant,
  • D’interroger le candidat sur ses connaissances et sa pratique professionnelle pendant l’entretien,

Après cela, le jury peut prendre une décision sur la Validation des Acquis de l’Expérience (VAE).

L’oral

L’oral peut durer plus de 45 minutes. Chacun des membres se présente avant de commencer l’entretien. Il est important d’en faire de même pour que le candidat puisse être plus à l’aise. Le jury tire les points forts et faibles lors de sa lecture du livret et prépare les questions importantes qu’il posera. Toutes les connaissances ne seront pas revues mais certaines auront besoin d’informations complémentaires. Le candidat ne doit pas enjoliver son parcours et tenter de dissimuler ses lacunes.

Le résultat

A la suite du passage devant le jury, celui-ci propose :

  • Soit une obtention totale du diplôme,
  • Soit une obtention partielle du diplôme : le jury indique les connaissances, les aptitudes et les compétences manquantes.
  • Soit les connaissances ne sont pas reconnues et ne valident pas le diplôme.

Si les connaissances ne sont pas reconnues, ou le diplôme partiellement obtenu, le candidat a la possibilité dans les 5 ans suivant la décision du jury d’acquérir les connaissances nécessaires et de se représenter une seule fois devant le jury.

L’acquisition des connaissances manquantes peut se faire :

  • En complétant l’expérience dans un cadre professionnel, personnel, associatif ou bénévole.
  • En s’inscrivant dans un centre de formation. Il existe des organismes de formation professionnelle continue qui proposent ce type de formation.
  • En complétant l’expérience et en s’inscrivant dans un centre de formation, le diplôme peut être délivré ou non d’une manière définitive.
  • Les organismes et leurs rôles

Les organismes et leurs rôles

Exemple : Centre National pour l’Aménagement des Structures des Exploitations Agricoles (CNASEA)

Le Centre National pour l’Aménagement des Structures des Exploitations Agricoles (CNASEA) a un rôle important au sein de la VAE.

Au niveau du livret 1, il l’adresse au candidat. Puis une fois remplie l’examine et propose à l’autorité sanitaire régionale une décision de recevabilité.

  • Organise des sessions avec un jury, le tout en liaison avec le CNASEA,ou tout autre organisme similaire
  • Nomme les membres du jury de validation des acquis de l’expérience et son président,
  • Transmet au CNASEA ou tout autre orgranisme similaire les documents issus des jurys et délivre les diplômes,
  • Traite les recours gracieux, contentieux et amiables.

Le financement

La Validation des Acquis de l’Expérience peut avoir un coût différent en fonction du parcours choisi. Son coût peut-être compris entre 400 € et 5000 €.

En effet, les frais liés peuvent être :

  • Au transport, à l’hébergement, … lors des différentes formations
  • A l’accompagnement à la préparation de la VAE auprès d’un organisme habilité
  • Aux formations complémentaires qui peuvent être demandées notamment lors d’une validation partielle du diplôme d’état

Salarié du secteur privé

Tous les salariés peuvent obtenir le financement de sa VAE dans le cadre du budget de la formation continue.

Congé d’accompagnement à la VAE

Un congé d’accompagnement à la VAE peut être obtenu dans le cadre du plan de formation de l’établissement. Il s’agit d’un droit offert à tous les salariés du secteur privé peu importe son ancienneté afin de valider son expérience. Ce congé est limité à 24 heures prises de façon consécutives ou non. La Commission Paritaire Nationale pour l’emploi (CPNE) peut augmenter cette durée.

Congé pour bilan de compétences

Un congé pour bilan de compétences peut être obtenu dans le cadre du plan de formation de l’établissement. Il s’agit de 24 heures à prendre consécutivement ou non. Mais il faut avoir une ancienneté de 5 ans minimum dont 12 mois dans la structure soit en Contrat à Durée Déterminée (CDD) ou Contrat à Durée Indéterminé (CDI). Il est accessible aux salariés du secteur privé.

Droit individuel à la formation (DIF)

Le Droit Individuel à la Formation (DIF) est ouvert aux salariés du privé en CDI à temps plein depuis un an. Ils ont droit à 20 heures par an. Le DIF peut être cumulé pendant 6 ans soit au maximum 120 heures. Pour les salariés à temps partiel ou en CDD, le DIF est possible selon un calcul.

Congé individuel à la formation (CIF)

Le Congé Individuel à la Formation (CIF) est ouvert à tous les salariés du secteur privé à temps partiel ou plein, en CDD ou en CDI. Le contrat est alors suspendu (Non rompu) pendant la période de formation, il est ainsi assimilé à du temps de travail. Le salarié peut donc suivre une formation individuelle pendant son temps de travail grâce à l’autorisation d’absence de la part de l’employeur. La demande de financement doit être déposée 3 mois avant le début de la formation. La prise en charge s’effectue grâce aux Fonds de Gestion du Congé Individuel de Formation (FONGECIF). Seulement, celle-ci est limitée à un an pour un contrat à temps plein ou 1200 heures pour un contrat à temps partiel. Malheureusement, l’établissement n’a aucune obligation à fournir un poste ayant un lien avec la qualification obtenue grâce à la formation.

Période de professionnalisation

La période de professionnalisation est soumise à la loi du 4 mai 2004 pour les salariés du privé. Il s’agit du maintien de salaire pendant une formation personnalisée et complémentaire.

Il s’agit d’une aide pour :

  • Les salariés, dont la qualification est insuffisante au regard de l’évolution des technologies et de l’organisation du travail,
  • Les salariés qui comptent 20 ans d’activité professionnelle ou âgés d’au moins 45 ans et disposant d’une ancienneté minimum d’un an de présence dans la dernière entreprise qui les emploie,
  • Les salariés qui envisagent la création ou la reprise d’une entreprise,
  • Les femmes qui reprennent une activité professionnelle après un congé de maternité ou aux hommes et aux femmes après un congé parental,
  • Les bénéficiaires de l’obligation d’emploi prévue à l’article L. 323-3 du code du travail, notamment les travailleurs handicapés.

Demandeur d’emploi

Pôle Emploi

Le Plan d’Aide au Retour à l’Emploi (PARE) permet d’obtenir une Allocation d’Aide au Retour à l’Emploi (ARE) mais aussi de mettre en place un Projet d’Action Personnalisé (PAP). Il s’agit de permettre des formations permettant d’évoluer.

Conseils régionaux

Le chéquier VAE, proposé par Pôle emploi et financé par certains conseils régionaux, ne peut être utilisé qu’une seule fois. Il permet le financement :

  • Des prestations d’accompagnement à hauteur de 470 €,
  • Des prestations de formations complémentaires en cas de validité partielle du diplôme à hauteur de 1600 €.
  • Autre situation

Etat ou région

Afin de financer la VAE, il est possible de devenir stagiaire de la formation professionnelle. Ainsi, l’Etat ou les régions prennent en charge la partie financière.

Etablissement futur employeur

Le contrat de professionnalisation est accessible entre 16 à 25 ans et aux demandeurs d’emplois de plus de 26 ans auprès du futur employeur.

Le contrat de pré-recrutement est une indemnité salariale, de la part du futur employeur, pendant la période VAE. En contrepartie, le futur salarié s’engage à travailler pour lui.

Sources

Bibliographie

  • La Validation des Acquis de l’Expérience, tome 1 – Devenir aide soignant par la VAE, N. Lude-Théodose
  • La Validation des Acquis de l’Expérience, tome 2 – Le module de formation incompressible et obligatoire, Luc Ciccotti

Source : https://www.infirmiers.com

Réussir sa VAE BTS Optique Lunetterie

« Contrairement à certaines idées reçues, la VAE (Validation des Acquis de l’Expérience) n’est pas un diplôme au rabais », a confié à acuite.fr Claude Kaluzny, responsable du magasin Krys à Agen (47). Monteur vendeur durant plus de 20 ans, votre confrère qui a obtenu le BTS par la VAE en 2018 peut l’attester : « durant presque 1 an et demi, je travaillais tous les soirs de 22h à 1h du matin. Et 10 jours avant de passer devant le jury, je me suis consacré entièrement à l’examen ».

Un réel investissement personnel

Le parcours d’étude en VAE se compose de 2 étapes indispensables : la rédaction de dossiers rassemblant toutes les compétences acquises durant votre carrière, ainsi qu’un oral devant un jury. La principale difficulté réside dans la capacité à faire le rapprochement entre toutes les matières du BTS OL et le magasin. « Pour le dossier, il faut justifier ses connaissances sur chaque matière et faire le parallèle avec l’activité quotidienne. Cela demande de la réflexion personnelle et énormément de travail au niveau rédactionnel. Mon jour de repos au magasin et mes soirées étaient consacrés à la préparation », nous explique Alexandre Poupart, propriétaire du magasin Alex opticien à Pons (17), qui a obtenu le BTS par la VAE en 2007.

« Pour réussir la VAE, il faut maîtriser toutes les spécificités du métier d’opticien et pas uniquement la théorie. La préparation à l’oral ne doit pas être négligée. Je conseille de faire des simulations avec des personnes diplômées ou des organismes de formation. Il faut être sûr de soi car l’entretien se déroule devant des professionnels de l’optique (professeurs, opticiens professionnels…) », souligne Alexandre Poupart, propriétaire du magasin Alex opticien à Pons (17). « Il est nécessaire d’avoir une culture générale très poussée sur le secteur de l’optique. Les questions à l’oral peuvent être très techniques au-delà même des sujets traités dans le dossier », renchérit Claude Kaluzny.

Pour rappel, depuis le 1er octobre 2017, la VAE peut être demandée après 1 an d’exercice contre 3 ans auparavant. Les matières validées sont désormais acquises à vie et non plus limitées pour une durée de 5 ans. Prenez le temps de vous préparer.

Source : www.acuite.fr

Valider ses acquis et faire reconnaître un diplôme étranger

Votre expérience professionnelle et vos diplômes obtenus à l’étranger peuvent être valorisés grâce à la validation des acquis de l’expérience et à l’attestation de comparabilité.

Au-delà de la reconnaissance des compétences, une certification française peut apporter très concrètement des évolutions dans un parcours professionnel mené en France pour une personne étrangère :

  • Accéder à une formation d’un niveau supérieur
  • S’inscrire à un concours
  • Changer d’emploi
  • Évoluer professionnellement
  • Obtenir une augmentation ou une promotion professionnelle.

Il existe deux moyens pour cela :

  • La validation des acquis de l’expérience (VAE) qui permet d’obtenir la certification par la reconnaissance de compétences acquises au cours d’une activité professionnelle.
  • L’attestation de comparabilité pour démontrer l’équivalence de diplôme : elle n’a pas de valeur juridique mais peut favoriser l’inscription dans une formation (qui délivrera une certification française), l’employabilité et l’inscription à des concours de la fonction publique.

La validation des acquis de l’expérience (VAE), c’est quoi ?

La VAE est un parcours évaluant les compétences acquises au cours d’une expérience professionnelle.

L’organisme certificateur auprès duquel la demande est faite délivre une certification qui peut être soit un diplôme, un titre ou un certificat de qualification professionnelle inscrit au répertoire national des certifications professionnelles.

Un organisme certificateur peut être un ministère, une chambre consulaire, un organisme de formation public ou privé, une branche professionnelle.

Qui peut faire une demande de VAE ?

Toute personne justifiant d’au moins 1 an d’expérience en rapport direct avec la certification visée peut prétendre à la VAE, quelques soient son âge, sa nationalité, son statut ou son niveau de formation.

Comment financer sa VAE ?

Il existe différentes possibilités de financement en fonction de votre situation : salarié / salariée, demandeur / demandeuse d’emploi, intérimaire, réfugié / réfugiée…

Retrouvez toutes les prises en charge sur le site vae.gouv.fr

Comment faire une demande ?

La démarche est longue : elle peut durer entre 8 et 12 mois. C’est pourquoi, il est conseillé de suivre les différentes étapes dans un tableau de bord.

En résumé, voici les différentes étapes :

  • Vous transmettez un dossier de recevabilité à l’autorité certificatrice pour vérifier les conditions d’éligibilité.
  • Vous recevez une notification d’éligibilité dans un délai maximum de deux mois. Une absence de réponse vaut acceptation.
  • Vous devez demander la validation par un jury.
  • Vous rédigez un dossier de validation qui permettra au jury d’évaluer si vous avez acquis les compétences requises par la certification.
  • Vous pouvez recevoir une convocation à un entretien et une mise en situation professionnelle réelle ou reconstituée.
  • Vous recevez la décision : validation totale, validation partielle ou refus de validation.

Pour en savoir plus sur le déroulé de la validation d’acquis d’expérience, rendez-vous sur le site vae.gouv.fr

Comment obtenir une équivalence de diplôme étranger ?

Les diplômes étrangers n’ont pas d’équivalence juridique en France. Pour faire reconnaître vos diplômes, vous pouvez demander une « attestation de comparabilité ». Celle-ci n’est pas obligatoire pour s’inscrire dans une formation ou passer un concours.

Elle prend en compte le diplôme d’origine avec l’ensemble des caractéristiques du système éducatif auquel il appartient (durée des études, pré-requis académiques, etc.).

La demande se fait auprès de L’ENIC-NARIC (National Academic Recognition Information Centre – National Academic Recognition Information Centres).

À noter

Les administrations organisatrices de concours ou les établissements de formation proposent des assimilations. Par exemple, les personnes ressortissantes de l’Union européenne qui désirent se présenter à un concours administratif doivent présenter leur dossier à l’administration de leur choix (ministère, collectivité) : une commission d’experts statuera sur la valeur des diplômes en vue d’une inscription.
Source : https://metropole.nantes.fr/

Un diplôme pour accompagner les élèves handicapés : DEAES

L’une des trois spécialités du tout nouveau Diplôme d’État d’accompagnant éducatif et social (DEAES) porte sur l’accompagnement des élèves handicapés. Jusqu’à présent, aucune formation diplômante n’existait pour les auxiliaires de vie scolaire.

Attention, message codé  : pas d’AESH sans DEAES. Traduction : les candidats à un poste d’Accompagnant d’élèves en situation de handicap (AESH) devront désormais être titulaire d’un Diplôme d’État d’accompagnant éducatif et social (DEAES). Ils ne pourront toutefois postuler à un emploi d’AESH que s’ils ont choisi, parmi les trois spécialités proposées dans le cadre de ce cursus (voir encadré), l’accompagnement à l’éducation inclusive et à la vie ordinaire. Ce tout nouveau diplôme, créé par un décret et un arrêté du ministère des Affaires sociales en date du 29 janvier 2016, comble un vide : jusqu’à présent, aucune formation diplômante n’existait pour les auxiliaires de vie scolaire.

Un diplôme ne répondant pas aux besoins de tous les élèves handicapés

« Il est effectivement important de professionnaliser les personnes accompagnant les élèves handicapés, note Bénédicte Kail, conseillère nationale de l’APF. Mais ce diplôme est seulement de niveau V, [comme un CAP ou un BEP]. Ses titulaires risquent donc de se heurter à certaines limites dans l’accompagnement au savoir des collégiens et des lycéens, voire même dès l’élémentaire pour certaines tâches. »

« L’un des grands enjeux pour l’Éducation nationale est de parvenir à ce que les jeunes en situation de handicap poursuivent leurs études aussi loin que possible, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui, complète Sophie Cluzel, la présidente de la Fnaseph. Comment y parvenir avec des accompagnants ayant un diplôme d’un niveau inférieur au bac ? »

« Humilité dans le niveau du diplôme »

Une analyse que ne partage pas l’Union nationale des employés, auxiliaires de vie scolaire et d’assistants de scolarisation. L’UNEAVS « se félicite de cette humilité dans le niveau du diplôme (…). Affirmer qu’un niveau V d’un diplôme AESH ne serait pas assez élevé pour savoir établir une relation avec un élève, avec des parents, des enseignants, ou participer aux réunions d’équipes de suivi de scolarisation…, demeure une aberration et une injure à l’intelligence, aux compétences, aux connaissances des femmes et des hommes, possédant un niveau V et exerçant actuellement comme AESH dans des établissements scolaires. » L’UNEAVS déplore également que ce diplôme ne permettra pas de sortir ses titulaires de la précarité à laquelle les conditions d’exercice du métier d’AVS les condamne.

Source : rapport de la députée Barbara Pompili, projet de loi de finances 2016
Source : rapport de la députée Barbara Pompili, projet de loi de finances 2016

Peu de recrutements pour ces diplômés

Plus fondamentalement encore, le nombre de diplômés en fonction risque d’être très réduit. Aujourd’hui, sur les 76 000 auxiliaires de vie scolaire en exercice, seuls 28 000 (un tiers) ont le statut d’AESH, les 48 000 autres étant en contrats aidés. « Et seuls quelques dizaines d’AESH ont été embauchés cette année, souligne Sophie Cluzel. La plupart des autres recrutements se font sous contrats aidés, pour lesquels les seuls critères sont l’éligibilité à ce type de contrat. Rien n’indique que la tendance va s’inverser. » Autrement dit, l’État vient de créer un diplôme permettant d’accéder à des postes qu’il ne crée qu’en nombre insuffisant… Franck Seuret

Un diplôme, trois spécialités

Le Diplôme d’État d’accompagnant éducatif et social fusionne les Diplômes d’État d’auxiliaire de vie sociale (DEAVS) et d’Aide médico-psychologique (DEAMP). Le tronc commun centré sur l’intervention auprès des personnes (378 heures) sera complété par l’une de ces trois spécialisations (147 heures) : accompagnement à la vie à domicile (ex-DEAVS), à la vie en structure collective (ex-DEAMP) ou à l’éducation inclusive et à la vie ordinaire. La formation, comprenant également 840 heures de stages, s’étalera sur un à deux an(s), selon le profil des candidats.

La création d’un diplôme unique d’accompagnement vise à faciliter les passerelles entre ces trois secteurs d’activité. Les professionnels pourraient donc évoluer plus facilement au cours de leur carrière, en passant les spécialisations correspondantes.

Source : https://www.faire-face.fr/

VAE BTS NRC

Le livret 1 VAE BTS NRC

La première étape de validation de votre expérience professionnelle s’effectue en remplissant un document appelé Livret 1 VAE.

Il sera utile aux services chargés d’étudier votre candidature d’évaluer si votre demande est recevable : est-ce que vous remplissez les conditions fixées par la loi concernant le domaine d’expérience dont vous êtes issus.

Le livret 1 demande des pièces justificatives afin de permettre aux concernés de juger si votre demande est recevable, il vous sera demandé de remplir des feuilles pour renseigner sur :

  • Vos informations générales : état civil, niveau de formation..
  • Votre expérience professionnelle
  • Vous devez attester sur l’honneur que vous avez déposé une seule et unique demande de VAE.

Les pièces justificatives obligatoires à joindre avec votre dossier dépendent de votre statut professionnel. Elles peuvent inclure des bulletins de salaire si vous être salarié, des déclarations d’existence URSSAFF si vous n’être pas salarié ainsi que des attestations diverses dans le cas où vous seriez bénévole ou volontaire.

Le livret 2 VAE BTS NRC

Le livret 2 VAE sera rempli à la suite de la validation de votre demande faite en première étape. Dans ce livret 2, vous devez décrire précisément vos différentes activités : associatives, bénévoles, salariées ou non et conditions d’exercice. Il est important de renseigner ces informations afin de permettre au jury de vous délivrer, partiellement ou entièrement, le diplôme que vous sollicitez.

Ce livret va comporter :

  • Les éléments prouvant votre pratique professionnelle notamment les outils utilisés comme le matériel ou les ressources
  • La description exacte de votre travail et les activités qui y sont liées.

A la suite du livret 2, le jury peut vous convoquer pour un entretien afin de vous faire une mise en situation professionnelle.

La VAE dans le champ du sport et de l’éducation populaire

Pour obtenir quels diplômes ?

- BAPAAT : Brevet d’Aptitude Professionnelle d’Assistant Animateur Technicien
- BPJEPS : Brevet Professionnel de la Jeunesse, de l’Education Populaire et du Sport
- DEJEPS : Diplôme d’Etat de la Jeunesse, de l’Education Populaire et du Sport
- DESJEPS : Diplôme d’Etat Supérieur de la Jeunesse, de l’Education Populaire et du Sport

La V.A.E., à quelles conditions ?

Vous devez attester d’une expérience minimale de 12 mois d’activité. Les 12 mois ne sont pas nécessairement consécutifs et représentent au moins 1 607 heures.
Ces activités sont attestées par toutes pièces justificatives permettant de vérifier la durée, le volume horaire et la nature des fonctions occupées.

Lorsqu’il s’agit d’activités réalisées en formation initiale ou continue, peuvent être prises en compte les périodes de formation en milieu professionnel, les périodes de mise en situation en milieu professionnel, les stages pratiques, les préparations opérationnelles à l’emploi et les périodes de formations pratique de contrat d’apprentissage, de contrat de professionnalisation ou de contrat unique d’insertion. ATTENTION : le cumul de ces activités ne peut dépasser 50 % du volume horaire global présenté.

La VAE collective

La validation des acquis d’expérience (VAE) se révèle plus engageante dans sa forme collective, en fédérant plusieurs collaborateurs dans cette même démarche. Retour d’expérience de Carrefour Market.

Le sujet est d’actualité : le projet de loi El Khomri prévoit de simplifier l’accès au dispositif de Validation des Acquis d’Expérience (VAE), c’est-à-dire la possibilité pour un salarié d’obtenir une certification, le plus souvent diplômante, « entérinant » le parcours professionnel déjà effectué. « Jusqu’alors, la VAE était avant tout une démarche portée individuellement par un collaborateur souhaitant évoluer professionnellement », observe Dominique Lemaire, directeur du réseau IFAG qui a diplômé de nombreux salariés via la VAE individuelle et qui, depuis près de trois ans, accompagne des groupes comme Carrefour et Decathlon dans la mise en place de cursus de VAE collective.

Dans sa forme collective, la VAE reste une démarche basée sur le volontariat – c’est un souhait émanant du collaborateur lui-même – mais le cursus de formation est suivi au sein d’un groupe de salariés d’une même entreprise et occupant des postes similaires. Une des mesures du projet de réforme du Code du Travail vise justement à développer la VAE sous cette forme. « La VAE collective crée un esprit de promotion, cela fédère plusieurs individus dans un même projet, avec tout ce que cela suppose d’entraide, d’encouragement… Cela donne une autre dimension à la VAE qui reste un engagement somme toute assez lourd, puisqu’il s’agit d’une démarche sur environ dix-huit mois », explique Marie-Hélène Chavigny, DRH de Carrefour Market.

L’entreprise a adopté la VAE collective depuis 2014 : 50 collaborateurs en ont bénéficié cette année-là. Ils étaient une cinquantaine en 2015. L’enseigne a pour ambition de former une centaine de personnes par ce biais chaque année. « Ce dispositif est une sorte de point d’orgue de notre politique globale de formation », précise la DRH. En effet, la VAE collective vient compléter une palette de cursus mise en place par Carrefour Market. « Etre plusieurs, ça change tout : on se challenge, mais surtout on s’aide, on s’épaule », confirme Éric Élisabeth, directeur régional de Carrefour Market dans les Yvelines.

Entré chez Carrefour France, comme caissier, il y a plus de 20 ans, Éric Élisabeth a depuis « gravi tous les échelons » : chef de rayon, chef de secteur, directeur de magasin et, aujourd’hui, directeur de région. « La VAE valorise ces 22 années passées chez mon employeur et toutes les compétences que j’ai pu y acquérir », dit-il. Aujourd’hui âgé de 45 ans, titulaire d’un BTS, Éric Élisabeth a souhaité participer à ce programme lorsque son fils, baccalauréat en poche, s’est lui-même lancé dans des études supérieures. « C’est une charge de travail supplémentaire, c’est un engagement sur le long terme. Mais le fait d’appartenir à une promotion permet d’être sans cesse remotivé, remobilisé », constate-t-il.

En outre, les participants mettent leurs expertises respectives au service des autres. « Récemment, l’un d’entre nous butait pour la rédaction d’une fiche. Nous sommes un groupe de 14, directeurs de magasin, directeurs de région et responsables de services : chacun a fait part de ses connaissances pour aider le confrère », raconte Éric Élisabeth. La finalité de la VAE, qu’elle soit individuelle ou collective, reste la même : le développement de l’employabilité, ce qui suscite un très fort sentiment de reconnaissance. « Le bénéfice est double. D’un point de vue personnel, c’est très valorisant de pouvoir être éligible à un master. D’un point de vue professionnel, c’est une marche supplémentaire pour l’évolution au sein de l’entreprise », indique le directeur de région.

« Nous sommes au début de notre démarche dont il est encore trop tôt pour en mesurer tous les impacts. Mais les effets induits sont déjà assez clairs comme le sentiment de fierté d’appartenir à une entreprise qui pérennise l’emploi et fait grandir ses collaborateurs. C’est un vecteur de fidélisation », estime Marie-Hélène Chavigny. Chez Carrefour Market, plusieurs populations sont concernées : les employés de commerce ayant un niveau CAP ou un Bac Pro Commerce, les managers de magasins et les cadres. A chaque fois, le cursus se déploie en deux temps : d’abord une formation théorique, avec des modules dispensés en présentiel. Puis des ateliers pratiques où s’opère cette fameuse alchimie collégiale tant plébiscitée par les participants.

Des freins existent néanmoins. « Côté collaborateur, la VAE suppose un investissement sur le long terme qui va de facto impacter la sphère privée. D’où la nécessité d’avoir un conjoint qui est partie prenante de la démarche. S’ajoute à cela la peur de l’échec », souligne Dominique Lemaire. Côté entreprise, la VAE représente un coût, variant de 2.500 € à plus de 4.000 € (par participant, pour un programme de 18 mois), mais les organisations qui encouragent ce choix auprès de leurs collaborateurs y voient avant tout un axe fort de leur politique globale de formation et même un pilier de la gestion prévisionnelle de l’emploi et des compétences (GPEC). « La VAE collective illustre une autre tendance de fond : l’individualisation des parcours de formation, construits désormais comme une réponse concrète et opérationnelle aux besoins du collaborateur et de l’entreprise », pointe Dominique Lemaire qui estime que l’avenir s’obscurcit pour les formations catalogue…

Source : http://business.lesechos.fr/

Devenez ingénieur chimiste par la VAE à l’Ecole de chimie de Rennes

Avis aux amateurs, l’Ecole nationale supérieure de chimie de Rennes propose de décrocher le titre d’ingénieur chimie par la validation des acquis de l’expérience.

Il suffit pour cela ne prendre contact avec le responsable VAE de l’école afin de s’assurer de la recevabilité de sa candidature. Le dossier devra comporter une lettre de motivation détaillant son expérience professionnelle et les compétences acquises, accompagnée d’un CV détaillé, de photocopies des précédents diplômes obtenus et un prévisionnel de plan de financement. Suivra une soutenance devant un jury qui décidera de la recevabilité de l’initiative.

Le candidat aura les mêmes droits et les mêmes obligations que les élèves ingénieurs de l’école. Un accompagnement sera fourni par le responsable VAE de l’établissement durant toute la démarche. Le diplôme d’ingénieur chimiste de l’ENSCR sera délivré à l’issue de la soutenance d’un mémoire professionnel réalisé devant jury.

Publié le 22/06/2016 / Publié par Antoine Teillet  http://www.studyrama.com/

Avez-vous le profil pour décrocher une VAE ?

Souvent méconnue, la Validation des acquis de l’expérience (VAE) est un formidable atout pour booster sa carrière. Mais encore faut-il se lancer en connaissance de cause. Si vous réunissez les 4 conditions suivantes, posez-vous la question !

1. J’ai développé de nouvelles compétences par mon travail

Sur le papier, Grégoire Galievsky est un cas d’école. « Quand j’ai commencé ma VAE en 2013, je travaillais dans une entité marketing à la direction de la relation client, témoigne ce cadre chez Orange. Or, à la base, j’avais plutôt une formation d’ingénieur. » Comme beaucoup de ses collègues, il n’exerce plus vraiment de métier en rapport direct avec son diplôme. « Au bout de dix ou quinze ans d’expérience, c’est une bonne étape pour se poser un peu, pour identifier ce que l’on sait faire et le faire valider. Je voulais aussi donner du vernis à mon CV et asseoir ma légitimité dans le secteur marketing. » « Cette validation des acquis de l’expérience est une vraie attestation d’un savoir-faire, rappelle Sandrine Teulé, adjointe de direction de l’ISEE Business School qui reçoit aussi des candidats. La démarche entraîne à la fois une satisfaction personnelle et une reconnaissance en son milieu professionnel. » Et nul besoin d’attendre dix ans pour y prétendre. « La VAE ne s’adresse pas qu’à des candidats senior : il suffit d’avoir trois ans d’expérience dans une activité pour pouvoir demander la validation de nouvelles compétences. »

2. Je suis capable de retourner à l’école

Mieux vaut être prévenu : dans les faits, pourtant, la démarche n’a rien d’évident. « L’investissement personnel nécessaire est variable mais il faut en général compter trois à quatre heures de travail personnel par semaine et ce, pendant plusieurs mois, observe Sylvestre Perrault, directeur des opérations au sein du groupe de formation Demos. Il y a tout un travail de préparation de la mise en valeur de son expérience qui nécessite beaucoup de rédaction. Il faut aussi passer devant un jury. Et, souvent, on conseille aux salariés d’essayer de faire une ou deux formations complémentaires pour appuyer leur VAE. » « Même si je suis content de l’avoir fait aujourd’hui, je ne suis pas sûr que je me serais lancé si j’avais su avant le temps que cela allait me prendre », plaisante Laurent Carola. Ce chef de projet marketing, pourtant déjà diplômé d’une école de commerce, est retourné sur les bancs de la NEOMA Business School pour remettre à jour certaines connaissances. « J’ai fait ma VAE dans le cadre d’une réactualisation de mon parcours. Même si c’est ma formation, après dix ans dans le marketing, c’était l’occasion pour moi de remettre à plat ce que je savais et de me mettre à niveau, notamment par rapport à l’évolution de mon métier avec l’arrivée d’Internet et des réseaux sociaux qui n’avaient pas la place qu’il ont aujourd’hui quand je faisais mes études. Il y avait beaucoup de choses que je savais sans le savoir. Mais aussi des connaissances qu’il me restait à assimiler. »

3. Je suis capable de m’organiser

Il est donc impératif pour un candidat de s’organiser. Et ce d’autant plus que la VAE se mène très souvent de front avec sa vie professionnelle mais aussi sa vie familiale. « S’il m’est arrivé de profiter d’une heure creuse de temps en temps au travail et de réviser dans les transports, je dirais que l’essentiel du travail à fournir doit se faire chez soi », se souvient Grégoire Galievsky. Ce candidat à la VAE se souvient que, malgré les mises en garde, 20 % des participants ont abandonné en cours de route pendant sa session. « Les formateurs avaient évoqué deux à trois heures de travail personnel par module, sachant qu’il en avait dix-huit. Mais au final, j’ai travaillé bien plus qu’une quarantaine d’heures. » Impossible, selon lui, de se lancer sans un minimum d’organisation mais aussi de compréhension de ses proches. « Il faut prévoir de sacrifier quelques heures après le dîner, quasiment un peu tous les soirs. J’ai aussi profité de quelques jours seul chez moi pour travailler à fond et pouvoir m’accorder trois semaines de vacances en famille. Ce n’est pas inconciliable si on a une certaine discipline et si tout le monde est d’accord ! »

4. Je veux changer de poste

Enfin, mieux vaut avoir une idée derrière la tête pour se motiver. « Une VAE va donner à un cadre un vrai recul sur lui-même et normalement lui ouvrir de nouvelles perspectives professionnelles », assure Sandrine Teulé. Même si la démarche peut se faire de façon personnelle sans en avertir son employeur, cette spécialiste rappelle qu’elle peut aussi s’organiser en bonne intelligence avec l’entreprise. « L’avantage, pour l’employeur, est de voir reconnu le rôle formateur de l’entreprise. Et c’est aussi l’occasion de développer l’employabilité d’un collaborateur est de favoriser sa mobilité interne. » Laurent Carola a ainsi vu ses efforts récompensés. « J’ai changé de poste grâce à la VAE. Non seulement j’ai acquis de nouvelles connaissances et une vision un peu différente des activités marketing, mais je pense que le travail fourni a joué dans ma promotion. Auprès des ressources humaines, j’ai aussi montré ma force de travail. »

Source : http://www.cadremploi.fr/

Blandine vient d’obtenir un diplôme d’enseignement supérieur avec la VAE

« Quand j’entends dire que le bac ne sert plus à rien, ça me fait bondir. C’est cet examen que je voulais obtenir au départ », lance Blandine, qui vient de recevoir la validation de son BTS assistant de gestion de PME-PMI à référentiel commun européen, obtenu après une VAE (validation des acquis de l’expérience). Un sésame qui lui ouvre les portes de postes ou concours auxquels elle ne pouvait prétendre avant.

Elle est déjà titulaire d’un BEP employé des services commerciaux. Cette habitante de Gerbéviller est en CDD depuis plusieurs années, à la communauté de commune de la Mortagne. Elle officie en tant qu’adjointe administrative. Au 1er juillet, elle sera définitivement rattachée à la CC de Rambervillers au service assainissement. « Cela correspond exactement à mon diplôme. Lors de mon entretien, la préparation de la VAE a été un plus sur mon CV et a été appréciée. » Elle espère une titularisation. « J’ai aussi passé le concours pour le devenir. »

« Les formateurs spécialistes de la VAE à Pôle emploi m’ont orientée vers cet examen de part mon parcours professionnel et mon expérience. » L’obtention de ce diplôme a pris près de six mois avec, en final, la présentation d’un mémoire devant un jury composé d’enseignants et de chefs d’entreprise. Cet oral a eu lieu en avril dernier « Le plus difficile a été de trouver les preuves de mon ancien poste pendant la réalisation du mémoire. Il a fallu prouver point par point que mes qualifications professionnelles correspondaient à un référentiel de l’Académie. »

A 53 ans, cette mère de deux enfants a passé 28 ans dans le privé. Elle a terminé assistante d’agence pour une grande entreprise spécialisée dans le bâtiment industriel. Qui l’a conduit de l’Alsace à la Normandie, avant un retour dans le secteur. « J’ai été licenciée en 2012 suite à une rupture conventionnelle avant une restructuration de la société. » Un coup dur pour Blandine.

« A Pôle emploi, des offres correspondaient à ce que je savais faire, mais elles m’étaient refusées parce que je n’avais pas l’examen requis. C’était frustrant de se faire recaler pour cette raison alors que j’avais l’expérience. » Aujourd’hui, l’examen est dans la poche. « J’ai fait cela pour montrer à mes enfants l’importance de travailler à l’école. C’est aussi un peu une revanche par rapport à mon licenciement et une reconnaissance de mes années passées dans le privé. Cela me permettra d’évoluer dans la fonction publique où je veux rester. »

« Cela devrait être obligatoire de valider son expérience professionnelle par un diplôme », ajoute la jeune titulaire d’un BTS. Qui ne compte pas s’arrêter là. Prochain objectif : le concours de rédacteur de la fonction publique. Blandine  peut le tenter, elle a le diplôme.

Source : http://www.estrepublicain.fr